In Homine Canem
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Xavier Garcia-Lebailly
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" Les enfants, au lit "
" Rex, au panier "
" Max, tes chaussures "
" Médor, debout "…
Même s'il prononce mieux les voyelles en s'adressant à
sa progéniture chérie, l'être humain utilise le même ton et la même
forme de discours pour interpeller son chien.
Entre adultes, le discours devient légèrement moins aigu et
plus monocorde…
L'humanité se débarrasserait-elle de son animalité en
grandissant ?
Pour prendre un exemple proche de nous (en gros… quelque
part en France), l'Homme des villes a vécu pendant des siècles
entouré d'animaux de tout poil et de toute plume.
Nuisibles ou comestibles, de compagnie ou de travail, les
animaux n'avaient que peu de droits et étaient traités sans égard par
leurs maîtres (lorsqu'ils en avaient).
Bâtons, nerf de bœuf, fouet, cravache, aiguillon, brûlure,
amputation… tout un arsenal pour mâter nos aides de travail (chiens,
chevaux, mules…) et notre bétail alors que les coups de pieds
suffisaient à faire déguerpir ceux de basse-cour qui s'aventuraient dans
nos pattes (rappelons aux utopistes objecteurs que le Chien
" meilleur ami de l'Homme " ainsi que le Cheval " plus
belle conquête de l'Homme " élevés pour la chasse, la course et
l'agrément n'étaient en quantité que le reflet des 1 à 2 %
d'aristocrates et grands bourgeois).
Depuis plusieurs décennies déjà, les enfants des villes
"modernes" s'imprègnent de ce rapport fraîchement installé entre
les hommes et l'animal domestique, séparant d'un côté la masse
des animaux industriels, producteurs de laits et dérivés,
œufs, viandes, laines, cuirs… bref exploitables à merci ; à
l'opposé des animaux de compagnie, supports de notre
affection et de toutes nos attentions.
Etrangement, les relations entre humains pourraient être du
même acabit… les enfants voient-ils une humanité scindée en deux
: une immense foule dont chacun se doit de tirer profit, a
contrario de quelques individus chers à nos coeurs ?
Que ce soit l'enfant en grandissant ou la société en se
modernisant, la sphère humaine repose intrinsèquement sur
l'animalité qui l'a fait naître et s'épanouir tout au long de
son Histoire… et si l'on parle aux toutous comme on parle à nos
chérubins… c'est probablement que l'animalité est dans l'Homme
plus qu'on ne le laisse entendre.
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