In Homine Canem
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Xavier Garcia-Lebailly
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Les maladies allergiques ou atopiques sont dites multifactorielles et nécessitent pour se développer :
La France a vu en 30 ans s'accroître de 50 % par décennie le
nombre d'enfants présentant un asthme atopique, en si peu de temps, la
population du pays n'a pas pu voir varier ses gènes et les
épidémiologistes se tournent donc sur les facteurs susceptibles de créer
un milieu propice à la maladie.
Pollutions et tabagisme (actif et passif y compris
in utero) ne sont pas des facteurs entraînant l'asthme, même
chez les personnes prédisposées, mais sont des facteurs aggravants
de la maladie déjà déclarée, soit par l'irritation des bronches, soit en
favorisant dans l'environnement la libération des allergènes (pollens…).
De même pour certaines infections chez l'enfant (virus respiratoire
syncitial) qui altèrent la tailles et la tonicité de l'arbre
bronchique profond en développement.
Parmi les nombreux types de cellules immunitaires, deux populations cellulaires (LTh1 et LTh2) sont en équilibre chez les personnes saines:
Qui ignore encore qu'acariens, chats, chiens… sont déclencheurs
de crises allergiques ?
Si les animaux sont fréquemment porteurs d'allergènes et
déclenchent des crises allergiques (en général à partir de 6 ans) chez
les enfants à terrain atopique, l'exposition précoce (avant 2 ans) et
massive à des chiens et des chats les prévient d'une future
sensibilisation.
Ces faits vont dans le même sens que les études montrant un
taux de personne allergique significativement inférieur chez les enfants
vivant au contact des animaux de fermes. L'agent protecteur est
formé en réalité par la multitude de bactéries que transportent
naturellement les animaux, ces bactéries produisant des endotoxines
qui en cas d'infection, d'ingestion ou d'inhalation vont stimuler le
développement des
LTh1.
La diminution de la taille des familles, l'amélioration de
la salubrité des logements et l'introduction des bactéricides dans les
produits d'hygiènes corporelle ont gravement diminué la rencontre entre
le système immunitaire en développement et les endotoxines bactériennes.
La rencontre avec les allergènes étant restée constante, le
système immunitaire d'une personne à risque aura tendance à renforcer le
déséquilibre LTh1/LTh2 en développant fortement la défense
anti-allergène, prédisposant ainsi l'individu au phénomène allergique.
Il va de soi que la salubrité des lieux de vie, l'hygiène corporelle et
la consommation de boissons et nourritures décontaminées de tout
pathogène sont facteurs de progrès et d'espérance de vie rallongée ;
mais gardons à l'esprit que la plupart des équilibres naturels existent
depuis des millions d'années, et que la majorité des bactéries de notre
environnement (air, peau, muqueuses, intestins...) ont des effets
bénéfiques.
Le développement de la flore intestinale chez l'enfant
est primordial (les jeunes enfants mettant naturellement à la bouche
tout ce qu'ils trouvent…) dans l'activation et le développement du
système de défense anti-microbien, d'autant plus chez les familles à
tendance allergique (qui privilégient le système anti-allergène) ou si
des antibiotiques ont été nécessaires lors d'un traitement médical.
Il convient de prendre soin de l'environnement bactérien
de l'enfant, autant concernant son milieu intestinal (lait maternel,
yaourt, gruyère…) que son milieu de vie.
L'adoption d'un chien, d'un chat ou d'un autre animal par des
parents souffrant ou ayant souffert d'allergies pourraient dans beaucoup
de cas éviter ses désagréables symptômes à leurs enfants.
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