Le Chien, facteur de protection contre les allergies
Les maladies allergiques ou atopiques sont dites multifactorielles et nécessitent pour se développer :
- Plusieurs facteurs de prédisposition génétique (facteurs de causalité)
- Une combinaison de facteurs environnementaux (facteurs aggravants)
L'allergie se manifeste par une hypersensibilité à des molécules habituellement " neutres ", alors qualifiées d'allergènes, et responsables de réactions immunitaires en cascades provoquant une inflammation auto-entretenue (pouvant entraîner la mort dans les cas les plus graves).
Asthme atopique
La France a vu en 30 ans s'accroître de 50 % par décennie le nombre d'enfants présentant un asthme atopique, en si peu de temps, la population du pays n'a pas pu voir varier ses gènes et les épidémiologistes se tournent donc sur les facteurs susceptibles de créer un milieu propice à la maladie.
Pollutions et
tabagisme (actif et passif y compris
in utero) ne sont pas des facteurs entraînant l'asthme, même chez les personnes prédisposées, mais sont des
facteurs aggravants de la maladie déjà déclarée, soit par l'irritation des bronches, soit en favorisant dans l'environnement la libération des allergènes (pollens…).
De même pour certaines infections chez l'enfant (
virus respiratoire syncitial) qui altèrent la tailles et la tonicité de l'arbre bronchique profond en développement.
Balance immunitaire
Parmi les nombreux types de cellules immunitaires, deux populations cellulaires (LTh1 et LTh2) sont en équilibre chez les personnes saines:
- LTh1 impliquée dans la lutte contre les virus et bactéries
- LTh2 impliquée dans la sensibilisation aux allergènes
Chez les personnes allergiques, LTh2 toujours prédominante
in utero le reste aussi après la naissance, prédisposant l'individu à l'hypersensibilité allergénique.
Si l'organisme rencontre un allergène reconnu par une des cellules
LTh2, celle-ci se multipliera et préparera le corps en prévision d'une prochaine rencontre (phase de sensibilisation).
Alors que la première rencontre passe inaperçue, les suivantes induisent des
crises allergiques à l'intensité souvent croissante.
Un des facteurs de causalité de l'allergie est donc la perpétuation de ce déséquilibre en faveur du système de lutte anti-allergène.
Sachant qu'en Europe l'asthme atopique décroît du nord au sud et de l'ouest vers l'est, et que les enfants accumulant les rhumes durant la prime enfance (avant 2 ans) sont moins sujets aux asthmes atopiques à l'âge de 7 an, il est très probable que des conditions d'
asepsie poussée empêchent le bon développement du système anti-microbien, favorisant les conditions physiologiques de l'allergie chez les personnes prédisposées.
L'animal dans l'Hypothèse Hygiéniste
Qui ignore encore qu'acariens, chats, chiens… sont déclencheurs de crises allergiques ?
Si les animaux sont fréquemment porteurs d'allergènes et déclenchent des crises allergiques (en général à partir de 6 ans) chez les enfants à terrain atopique, l'exposition précoce (avant 2 ans) et massive à des chiens et des chats les prévient d'une future sensibilisation.
Ces faits vont dans le même sens que les études montrant un taux de personne allergique significativement inférieur chez les enfants vivant au contact des animaux de fermes.
L'
agent protecteur est formé en réalité par la multitude de bactéries que transportent naturellement les animaux, ces bactéries produisant des
endotoxines qui en cas d'infection, d'ingestion ou d'inhalation vont stimuler le développement des
LTh1.
La diminution de la taille des familles, l'amélioration de la salubrité des logements et l'introduction des bactéricides dans les produits d'hygiènes corporelle ont gravement diminué la rencontre entre le système immunitaire en développement et les endotoxines bactériennes.
La rencontre avec les allergènes étant restée constante, le système immunitaire d'une personne à risque aura tendance à renforcer le
déséquilibre LTh1/LTh2 en développant fortement la défense anti-allergène, prédisposant ainsi l'individu au phénomène allergique.
Il va de soi que la salubrité des lieux de vie, l'hygiène corporelle et la consommation de boissons et nourritures décontaminées de tout pathogène sont facteurs de progrès et d'espérance de vie rallongée ; mais gardons à l'esprit que la plupart des équilibres naturels existent depuis des millions d'années, et que la majorité des bactéries de notre environnement (air, peau, muqueuses, intestins...) ont des effets bénéfiques.
Le développement de la
flore intestinale chez l'enfant est primordial (les jeunes enfants mettant naturellement à la bouche tout ce qu'ils trouvent…) dans l'activation et le développement du système de défense anti-microbien, d'autant plus chez les familles à tendance allergique (qui privilégient le système anti-allergène) ou si des antibiotiques ont été nécessaires lors d'un traitement médical.
Il convient de prendre soin de l'
environnement bactérien de l'enfant, autant concernant son milieu intestinal (lait maternel, yaourt, gruyère…) que son milieu de vie.
L'adoption d'un chien, d'un chat ou d'un autre animal par des parents souffrant ou ayant souffert d'allergies pourraient dans beaucoup de cas éviter ses désagréables symptômes à leurs enfants.
Bibliographie
- Cécile Klingler, " L'asthme, un mal de civilisation ? ", La Recherche, novembre 2002
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Dernière mise à jour:17/08/2008